dimanche 28 septembre 2008

Envoyer juste l'extrait d'une vidéo par e-mail


J'ai été invité à tester Videosurf, un nouveau méta-moteur de recherches, encore en version beta. Les fonctionnalités s'avèrent prometteuses.

On peut compulser des dizaines de sites de vidéo (comme le permettent déjà Blinkx, Truveo, Videofetcher...), mais aussi visualiser d'un seul coup d'oeil les différentes séquences de la vidéo (la time-line), voire ne sélectionner que l'apparition des visages au sein du clip !

Parmi ces nouveautés, une application a attiré mon attention: on peut sélectionner très simplement un extrait d'une vidéo avant de l'envoyer par e-mail à son réseau.
Les point d'entrée et de sortie se sélectionnent avec la souris, une miniature et le time-code apparaissent en temps réel. Vraiment bien.

Il fallait auparavant télécharger la vidéo, la découper, et recharger l'extrait sur une plateforme pour alerter et/ou buzzer la vidéo. C'est maintenant à la portée de tous - en beaucoup plus rapide et plus viral...

PS: Il n'est pas encore précisé si le partage prévu via Facebook, Digg, etc...concerne l'extrait de la vidéo ou tout le clip. Mais la première possiblité serait la plus logique, et la plus...fun. :)

dimanche 21 septembre 2008

Pub: ne dites pas "websérie", mais "placement de produit divertissant"


Avant, tout était simple. Le producteur produisait, le diffuseur payait en se rémunérant sur la pub ou des abonnements (Canal plus). Aujourd'hui, personne n'imagine lancer une série payante sur le web.

Pourtant, le public (jeune, urbain, connecté) est là - et de moins en moins devant sa télé.

Hormis le spot de 30 secondes, une formule s'impose pour dégager des budgets conséquents (pour le web): le placement de produit.

On ne dit donc plus websérie mais "branded entertainment". Cela existait déjà dans les films, les séries TV, mais comme une source ponctuelle et non-exclusive de financement, ici c'est sytématique !

Le grand avantage? Sur le net, on peut acheter en un clic le produit présenté pendant l'émission.

Plus rapide, plus efficace qu'à la télé. Pour le lancement de son web-reality show Model.live à 3 millions de dollars, le magazine Vogue USA a fait débourser "des centaines de milliers de dollars" à son principal sponsor, le fabricant de prêt-à-porter Express.

On retrouve le même business plan dans Gemini Division, l'autre gros budget de la rentrée en matière de websérie (NBC digital). Le producteur s'est associé à Intel, Cisco, Microsoft pour cette histoire de science-fiction.

Et on entre en effet dans une autre dimension, à en croire ce récit d'un reporter de Wired: c'est le producteur lui-même qui suggère à l'annonceur le meilleur moment pour placer un nouvel outil de visio-conference !

Se mettre d'accord sur le script, c'est le prix à payer dans ce nouvel écosystème pour faire de la série un "self-financing marketing vehicle", comme le dit le producteur de Gemini.

En France, la nouvelle websérie sur David et Cathy Guetta est sponsorisée par Hollywood chewing-gum (qui veut se renforcer sur le "segment blancheur", paraît-il).

L'ère du "branded entertainment" systématique ou "advertainment" - cf Blue, la nouvelle agence de pub de Luc Besson - risque de faire bouger les lignes entre créateurs, agences de pub et diffuseurs.

De nouveaux intermédiaires se créent aux Etats-Unis. Un scénariste en mal de financement d'un côté, une marque qui cherche à toucher efficacement sa cible de l'autre, et au milieu, une agence qui s'occupe de tout pour placer le produit au bon moment dans la bonne série - et sur la bonne plateforme.

Après le sponsor discret dans les vidéos virales comme celle de Matt Harding (relire Internet et opinions à ce sujet), les marques investissent les fictions à (plus ou moins) gros budgets sur le web.

Avantages par rapport au lancement d'une seule vidéo virale: la série est étalée dans le temps, on peut fidéliser une cible, contrôler le script...Reste à déterminer le point de saturation du public...Vous le situez où?

mercredi 17 septembre 2008

Un autre journal pour TF1: le "JT off "

Alors que la nouvelle formule du 20 heures de Laurence Ferrari peine à s'installer (même s'il est encore un peu tôt pour en tirer des conclusions), TF1.fr lance son"JT off".

Un journal diffusé sur le web et qui commence avec cette formule surprenante, de la part d'un diffuseur: "Ce que vous n'avez pas vu à la télé" ! Intéressant de voir que ce slogan est aujourd'hui aussi vendeur que le macaron d'antan, "Vu à la TV"...

Le "JT off" est un ovni. 12 minutes. Tourné par Matthieu Dupont (avec Alexis Pinel), l'un des plus grands reporters d'images du PAF (c'était aussi mon prof au CFJ), qui écrit seul ses sujets. Le thème choisi: les coulisses de la visite du pape à Paris. Pas de commentaire sur images (la tendance se confirme), des effets de montage originaux, des séquences de vie. En effet, on ne voit pas tout ça au JT sur cette longueur.


Pour Pascal Emond, le rédacteur en chef du portail d'info de TF1 et LCI.fr, " l'idée, c'est de proposer un format pour le Web, tout images, séquencé, avec beaucoup d'effets, un peu de caméra subjective.
Objectif : soulever le capot de l'actu, raconter une histoire différente autour d'un événement déjà très suivi en TV.

L'objectif développement : montrer, face aux pure players, qu'un grand media TV peut inventer des formats pour le Web, avec une démarche de grande qualité, dans notre logique "media global. "

Info transparence: j'ai longtemps travaillé à LCI.


Le JT OFF sélectionnée dans Actualités & Politique


mercredi 10 septembre 2008

Vérifier les images amateurs, un nouveau défi pour la presse


Je reproduis ici une tribune, publiée ce soir dans le Monde (je remercie la rédaction au passage) - que j'avais intitulée "Vérifier les images amateurs, un nouveau défi pour la presse". Et qui commençait par cette phrase interrogative: Bientôt 6 milliards de Tintin reporters? Ce papier a été nourri par mon expérience quotidienne de rédacteur en chef chez Citizenside.com .

"Une poignée de chiffres fait tourner la tête des professionnels de l'information. Le discours de Barack Obama, lors de sa visite à Berlin, est visible de 2 000 angles de vues différents sur le site internet de partage de photos Flickr. "Discours d'Obama à Berlin" sur Google vidéo ? Quelque 800 séquences visibles en un clic. Le candidat démocrate à la Maison Blanche n'a pas parlé devant une foule, mais devant une mer de bras levés portant téléphones portables, appareils photo et caméras vidéos.

Chaque minute, le site YouTube reçoit treize heures de vidéos chargées par des particuliers. Flickr a déjà franchi le cap des deux milliards de photos stockées. Près de 90 % des téléphones portables sont désormais équipés d'un appareil photo et 300 millions de clichés seraient pris chaque jour dans le monde.

Dans cette moisson d'images en tout genre, combien d'entre elles apportent une information ? Combien de scoops ? Quelques-uns, assurément. Le 7 juillet 2005, la chaîne de télévision BBC a reçu 300 photos des attentats à Londres, la plupart envoyées directement depuis des téléphones portables. Elles ont permis de comprendre très vite qu'il s'agissait bien d'actes terroristes et non d'une panne de courant. Depuis, le phénomène s'amplifie. Aux Etats-Unis, CNN a reçu 11 000 vidéos l'été 2007, lors des incendies en Californie.

Face à cette révolution, le risque perçu par les médias est double : d'une part une concurrence dans la production d'images d'actualité, d'autre part une crainte de falsification liée à cette nouvelle source d'information. Disons le tout net : les images amateurs ne remplacent pas le travail des journalistes. Mais aucune rédaction ne peut être présente partout et à tous moments. Un reporter est envoyé avec l'aval de sa hiérarchie pour traiter un événement dans un format et selon un angle propres à son média. Pas M. Tout-le-Monde.

Le risque de falsification est, lui, bien réel, depuis l'inexactitude ou le recopiage, jusqu'au trucage ou la manipulation, dans un but de propagande. Ne tombons pas dans la paranoïa. Les milliers de photographes immortalisant le discours d'Obama étaient bien à Berlin. Derrière chaque photographe amateur ne se cache pas forcément un dangereux manipulateur. Pour autant, il est du devoir des journalistes d'affronter ce nouveau défi. Pour devenir une information, le témoignage brut doit être authentifié, édité, remis en perspective : nous sommes au coeur du métier de journaliste. Ignorer l'existence des images amateurs revient à s'exposer sans défense.

Dernier exemple en date : la diffusion au journal télévisé de France 3 Nord - Pas-de-Calais d'une photo de la tornade meurtrière à Hautmont, dans le Nord. Une photo présentée comme prise sur le vif par un particulier, envoyée par courriel à la mairie, et dont l'auteur est resté injoignable. La rédaction a pris le risque de passer le cliché. Mal lui en a pris : la tornade en question avait touché le nord de l'Angleterre il y plus d'un an. La supercherie a vite été découverte par des internautes avisés. Les vérifications éditoriales passent par des moyens traditionnels (analyse des éléments contenus dans l'image, coups de fil au contributeur amateur ou sur les lieux mêmes de l'événement), mais aussi par l'utilisation des moteurs de recherche en ligne permettant de détecter les images recopiées.

Au-delà de Google, de nouveaux outils en cours de développement vont permettre de décrypter plus finement le contenu même de l'image. Des logiciels permettent déjà de détecter la retouche d'images. De même, de nouvelles interfaces doivent être installées au sein des rédactions pour recevoir et traiter les contenus amateurs. Cela nécessitera la création de nouveaux métiers de "chercheur-vérificateur" selon l'expression proposée par le journaliste Alain Joannès, pionnier en ce domaine. Il faudra, enfin, s'appuyer sur le public lui-même. Ce n'est pas un journaliste qui a découvert la duplication de la photo de la tornade d'Hautmont, mais bien des internautes, passionnés de phénomènes météo. De même, l'agence Reuters a découvert la retouche d'une de ses photos d'un bombardement à Beyrouth pendant la dernière guerre avec Israël grâce à une communauté d'utilisateurs de Photoshop.

Faire appel à des non-journalistes, est sans doute l'aspect le plus dérangeant pour des professionnels de l'information. D'autant que cela ne garantit pas totalement l'authenticité d'une image amateur. Mais l'information traitée dans l'urgence n'est jamais fiable à 100 %. Il n'y a pas d'un côté un îlot de terre ferme, et de l'autre une étendue de sables mouvants. Il n'y a que de nouveaux sentiers à défricher."

mercredi 3 septembre 2008

Reportage : vers la fin du commentaire sur images?

Le micro? rangé au fond du placard. La voix-off est en voie d'extinction. Les journalistes tournant des reportages vidéos pour internet se passent volontiers du (toujours) sacro-saint commentaire sur images à la télévision.

Le no comment, il faut en parler: c'est une tendance lourde.

On la retrouve au Parisien.fr. A noter que le groupe n'a pas souhaité investir dans une fréquence TNT et développer une équipe de reporters multimédias, avec des vidéos souvent très réussies et non-formatées télé. On ne peut pas encore "embarquer le lien", mais ça viendra :).

Même chose avec les reportages (bien tournés et originaux) de Newsweek, chez les pure-players comme Boing Boing TV: on laisse parler l'image, le son d'ambiance, les personnes rencontrées. De la vraie vidéo.

Ce n'est pas une règle absolue. Le New York Times ou encore le Washington Post diffusent des reportages commentés. Mais on est sur des formats plus longs qu'à la télé, et le ton est beaucoup moins saccadé que sur CNN.


Première raison à cette disparition, le commentaire sur images est trop connoté télé. La télévision ayant elle-même copié les formats de la radio au début de son histoire. Ainsi que la séparation des tâches et les profils de poste (le chef d'équipe, à la télé, c'est celui qui tient le stylo et cause dans le poste, pas le cameraman. Cela m'a toujours paru étrange).

En revanche, euh...vous en avez vu beaucoup sur You tube, des gens qui commentaient leurs exploits au montage? nt, nt, ça ne colle pas. Le net a d'emblée inventé de nouveaux formats.

Pour Nicolas Jouandet de l'agence de presse 1835.fr, le commentaire sur images est ainsi mal adapté à la production de reportages online.

Pour brancher un microphone pro sur son PC, il faut une carte son spéciale, rédiger son texte, rajouter une piste... "tout ça pour finalement s'entendre dire par les sites clients que ce n'est pas 'leur' ton à eux, que ça fait trop 'télé'... On verra à l'avenir si c'est une simple mode, mais pour pour l'heure, le web ne jure que par le no comment", m'a confié Nicolas.

Ne pleurons pas la mort du commentaire sur images. Je le trouve personnellement de plus en plus ringard sur les sujets télé news et magazines. On rigole beaucoup en écoutant les "Actualités" des années 30, il faudra moins de temps à la nouvelle génération pour sourire du ton employé sur nos JT.

Pire: je trouve le commentaire sur images peu efficace.

En une minute trente, il faut parler vite, caser deux extrait d'interview de 15 secondes, chuter, tout en montrant...des images, quand même!

Cela fait beaucoup à digérer, surtout quand on dîne à 20h en famille. Bizarrement, les journalistes télé n'ont jamais accès à des études sur la mémorisation de l'info (comme pour les publicitaires).

1 minute trente, c'est à peine dix phrases, courtes, d'où le passage par des tournures de phrases et des poncifs éculés.

Il reste nécessaire de contextualiser, expliquer ce que l'on voit à l'image. Une photo ou une vidéo sans légende ou explication peut s'avérer trompeuse. Le "no comment" d'Euronews tient pour des sujets immédiatement compréhensibles et titrés ("ambiance avant le concert de Madonna"), mais l'exercice reste périlleux.

Newsweek ou le Parisien.fr ajoutent des infos par écrit, sur et/ou en-dessous de la vidéo (cela remplace le lancement du présentateur, lui aussi porté disparu).

Le message passe mieux, selon moi. On peut aussi imaginer d'autres modes de diffusion de l'info à l'avenir (des liens hypervidéos, des info-bulles?) Qu'en pensez-vous?

MAJ (08/09/08): Dans la catégorie "No comment", je rajoute les fabuleux webreportages de Géo (un modèle de présentation multimédia, comme le rappelait Alain Joannès sur son blog), les reportages de l'équipe de Rue89 et de ses contributeurs (parmi les tous premiers en France à avoir mixer écrit/vidéo dans leur récit), on peut encore citer l'Express.fr, nouvelle formule qui produit de plus en plus de vidéos comme celle-ci.

vendredi 29 août 2008

Naviguer dans les vidéos avec le New York Times pour la convention démocrate


Découper, chapitrer les vidéos pour une navigation plus efficace. C'est l'avenir - on en parlait justement hier avec Clarisse de Cap 24 - et c'est un twitt du toujours très pertinent Eric Scherer de Media Watch qui est venu apporter une preuve éclair : la retransmission des vidéos des discours de la convention démocrate à la sauce enrichie du New York Times.

A côté de la vidéo, les principaux points de l'intervention de Bill Clinton, Ted Kennedy (très beau discours), et...la retranscription intégrale de la séquence choisie.

Du très beau travail. Pour la qualité des retransmissions en direct et en HD, je vous conseille à nouveau le site du Parti démocrate. On n'est jamais mieux servi que par soi-même.

mardi 26 août 2008

Retransmettre la convention démocrate en direct, c'est à portée de tous...


Diffuser les grands événements en direct sur le net? Bientôt une routine.

Pour preuve la méga-couverture de la convention démocrate. On n'en attendait pas moins des grands réseaux américains, qui n'ont qu'à reprendre leur signal antenne sur leur site (CNN, MSNBC, etc.).

Plus original: le Washington Post et Newsweek assurent des directs en ligne ! Avec leurs analystes, des interviews...bref, comme à la télé. Les frontières entre "sites de presse écrite" et "sites de télé" se brouillent chaque jour un peu plus...

Encore plus novateur: le très populaire Huffington Post se lance aussi dans le direct via la plateforme Kyte, et le site d'egocasting Ustream dispose également de feeds live non-officiels...




Question qualité, il y a des différences certaines, comme le signale Paidcontent.

A noter, la diffusion de l'événement en haute-définition par le Parti démocrate himself (avec Silverlight). Je vous conseille d'essayer, c'est très réussi.

lundi 25 août 2008

La pub en ligne, anecdotique mais prometteuse. Bilan pour NBC et leçons post-JO (2/2)

Tout ça pour ça. 5,75 millions $ : les revenus tirés des espaces publicitaires vendus en ligne sur NBCOlympics.com pendant les JO.

Une goutte d'eau
. Les Jeux ont rapporté 1 milliard $ au réseau américain. En spots télés. Un réel succès.

Les dollars investis dans la conception, l'hébergement, la diffusion du méga portail de vidéos (2 000 heures de direct, 3 000 heures en VOD) se sont transformés en pennies dans la caisse des recettes.

Le site a pourtant remporté un succès d'audience, avec 75,5 millions de vidéos vues.

Alors quoi?

Quelques ratés: la décision de ne pas diffuser les épreuves les plus populaires en direct et en ligne (comme les exploits de Phelps) - provoquant l'ire des fans américains - pour faire payer au tarif fort les annonceurs télés.

Des bugs, aussi, sur le lecteur Silverlight, qui n'a pas franchi la barrière de certains firewall à l'installation. Pour télécharger les compétitions sur son disque dur, il fallait aussi utiliser Vista...

Bref, la stratégie "fermée" de NBC et Microsoft - attirer les utilisateurs sur un seul site (NBCOlympics.com) et utilisant une seule technologie (le logiciel Silverlight) - n'a pas payé. Pas autant qu'elle aurait pu (relativisons : nous sommes bien au début de l'histoire, il y a quatre ans à Athènes, la vidéo en ligne n'existait pas...).

NBC a fait un choix stratégique opposé à celui de CBS pour la diffusion en ligne du basket-ball universitaire américain: CBS a signé des accords de diffusion avec un maximum de plateformes, comme You Tube, pour récolter un maximum de publicités. Et engranger 23 millions $ de pubs en ligne. Pas mal...

Pour autant, le marché de la pub associée à la vidéo en ligne est-il condamné à rester si faible? Non, répond l'analyste d'e-marketer David Hallerman, cité ici. "la vidéo sera le secteur de croissance le plus important dans les années à venir, et doublera entre 2008 et 2010, passant de 505 millions $ à 1,15 milliards".

Et c'est bien le sport qui tirera le marché à la hausse, "Qu'il soit en direct ou à la demande, qu'il s'agisse de retransmissions complètes ou de résumés, d'extraits ou de grands événements comme les JO, le sport peut capter une (large) partie de l'audience, impossible à attirer autrement".

dimanche 24 août 2008

Du bon et des bugs pour NBC. Bilan et leçons post-JO (1/2)

Les Jeux s'achèvent ainsi que cette grande expérience: la couverture inédite par son ampleur de NBC, à la télé comme en ligne. Une expérience qui a rapporté plus d'un milliard $ de pub au réseau américain, qui en avait dépensé 964 millions pour l'acquisition des droits.

Au final, le bilan est plus mitigé qu'il n'y paraît.

En ligne.

Car à l'antenne, NBC a établi des records d'audience inégalés depuis 18 ans en prime le samedi soir. Avec 196 millions de téléspectateurs, les Jeux de Pékin resteront comme le 4ème événement le plus regardé de l'histoire de la télé américaine.

Les paris pris sur ces jeux, et notamment la natation, se sont révélés payants.

Revenons à la couverture en ligne, qui a déchaîné les passions - un juste retour de bâton pour NBC, qui faisait monter les enchères depuis un certain temps, en annonçant les "premiers jeux de l'ère numérique", avec 2 000 heures de vidéos en streaming et en direct. Toute la blogosphère attendait au tournant, et ne s'est pas privée d'appuyer là où ça fait mal.

Les 4 critiques sur NBCOlympics.com:


1/ NBCOlympics.com, une médaille d'or usurpée?

Tout d'abord, Yahoo!, privé de vidéos des Jeux mais pas des annonces de résultats, a fait un beau carton, annonçant même avoir dépassé NBC en nombre de visiteurs certains jours.

Colère de NBC, qui réplique par une avalanche de chiffres - colossaux, il est vrai, en l'espace de deux semaines: 51 millions visiteurs uniques, 1,24 milliards de pages vues, 75 millions de vidéos visionnées en streaming, 15 minutes de temps passé en moyenne, 25 millions de pages vues sur le site mobile WAP, 2,5 vidéos regardées pour les abonnés au service vidéo mobile. Ouf.

2/ Les bugs du lecteur Silverlight

Un premier gros défaut: des utilisateurs n'ont pu installer le petit logiciel - indispensable pour regarder les vidéos - sur leur PC, pour cause de firewall intransigeant (au bureau, par exemple?). De plus, certains observateurs ont jugé la qualité de certaines retransmissions médiocre, et l'impossibilité d'avoir accès aux commentaires sur certains matchs. Enfin, comme j'avais pu le tester, il faut une bonne connexion pour regarder les vidéos en streaming non hachées (le wi-fi passait moyen-moyen, mais quand ça marchait, c'était très beau...)

Citation de David Hallerman, un expert d'e-marketer, cité par Andrew Hampp: "à chaque fois que vous forcez une audience à télécharger quelque chose, vous éliminez une partie du public, à cause de cette démarche supplémentaire et parce que le logiciel ne pourra s'installer sur des systèmes Windows, Mac, ou à cause de certains firewall." A méditer.


3/ Le choix de ne pas tout diffuser en direct et en ligne

C'est la décision la plus décriée par la blogosphère. Pas de problème si vous vouliez regarder les sélections du tir à 10 mètres ou la lutte gréco-romaine: NBCOlympics vous offraient effectivement ces compétitions sur un plateau.

Mais pour les sports les plus populaires, comme la natation et la gym, ce fut une autre histoire.

Pas de diffusion après celle de la côte ouest des Etats-Unis, pour retirer le maximum des spots diffusés à la télé. D'où un très grand énervement ici et là, et une réplique immédiate: l'utilisation du réseau peer-to-peer pour passer outre ce décalage horaire imposé.

4/ Une syndication trop restrictive

Malgré 211 sites partenaires, NBC a finalement joué vieux jeu: forcer à attirer le public sur un seul site, le sien, pour voir l'essentiel: les vidéos. Selon les analystes, NBC aurait gagné à signer des accords avec You tube, ESPN, Yahoo! pour voir son contenu plus largement distribué, et engranger davantage de revenus publicitaires...

To be continued, avec un point sur la pub en ligne pendant les JO pour NBC, et les leçons à en tirer pour l'avenir...

jeudi 14 août 2008

NBC, les JO et la pub : répartition entre TV, internet, mobiles (2/2)


Premier retour sur cette grande expérience multi-supports: la diffusion des JO de Pékin par NBC sur la douzaine de chaînes du groupe, sur un site internet abritant des milliers d'heures de videos (live et on-demand), et sur les mobiles (site et chaîne mobiles).

Pas de surprise sur la prédominance de la TV (95% de l'audience), même si le site internet s'en tire bien. L'étonnement vient de la consommation sur mobiles. L'analyste en chef de NBC, Alan Wurtzel, cité par Lost remote, raconte: "la moitié des utilisateurs de mobiles s'en sert pour la première fois. Il sera intéressant de voir si cela devient une habitude après les Jeux".

En effet. Et c'est tout l'enjeu de cet immense chantier, le projet TAMI, pour Total audience measurement index.

Pourquoi immense? Les Jeux olympiques, c'est 1 milliard $ de droits TV et internet pour l'exclusivité de la retransmission aux Etats-Unis, et autant de recettes publicitaires.

Une dizaine d'instituts, dont Nielsen, Omniture et Rentrak, vont scruter pendant 17 jours les comportements des Américains. Utilisent-ils internet comme un complément de la télévision? Ou carrément comme un substitut?

Pour l'utilisation mobile, des focus group sont mis en place, et des téléphones "espions" spéciaux ont même été distribués à une quarantaine de cobayes pour mesurer la consommation vidéo.

Objectif: mieux connaître les comportements à l'heure de la démocratisation d'internet, de l'avancée du haut-débit, des premiers pas de l'internet mobile.

Les résultats serviront aussi à tarifer plus finement les espaces publicitaires pour les prochains jeux de Vancouver. Un service ad hoc proposé aux annonceurs fidèles de NBC, perdus au milieu des habitudes très changeantes de leur cibles, avec l'apparition des nouveaux réseaux.

mercredi 13 août 2008

Citizenside: le clip - avec Asterpix et ses liens hypervidéo



Un peu d'autopromo pour Citizenside, et pour le service de liens hypervidéo proposé par Asterpix.

Un clic sur le rectangle, la vidéo s'affiche, avec un lien URL, on peut rajouter une image...et même des mots-clés (là, il n'y en a pas, mais c'est possible!).

Ces mots-clés vont rajouter automatiquement des icônes miniatures des vidéos liées référencées. C'est vraiment très simple, très intuitif...

mardi 12 août 2008

NBC, les JO et la pub: le dispositif de "direct" craque sous la pression du P2P (1/2)

Ce qui devait être une performance technique, éditoriale, et un joli coup de comm' pour NBC est en train de se transformer en fiasco en terme d'image.

Malgré les records de fréquentations du (très beau) site NBCOlympics.com et les interactivités inédites proposées sur les milliers d'heures de vidéos, grâce au player Silverlight, les critiques fusent de toute part.

La raison? NBColympics a décidé de ne diffuser en direct qu'une partie des compétitions. Pas toutes, et pas les plus populaires, comme la natation. Pour toucher un maximum de revenus publicitaires - c'est-à-dire provenant des spots diffusés à la télévision - les sports phares sont disponibles en ligne APRES leur diffusion sur la côte Ouest des Etats-Unis. Pour un Californien, ça fait beaucoup de décalage avec Pékin !

Du New Yok Times à NewTeevee, de Diana de Media Watch à Lost remote, en passant par Paidcontent, qui avait ouvert les hostilités, la colère gronde.

Comment peut-on faire patienter les Américains aussi longtemps? Du coup, le réseau P2P a pris le relais, comme le narre ce blogueur de Newteevee dans un post hallucinant. En gros: en zappant entre les différents réseaux, il est possible de voir toutes les compétitions en live, même si la qualité n'est pas toujours au rendez-vous.

De Justin.tv à Ustream.tv, de You tube à Sopcast, une course effrénée - perdue d'avance pour le diffuseur - s'engage depuis le début des Jeux entre les juristes de NBC et les plateformes TV/vidéos en peer-to-peer plus ou moins installées, pour fermer les robinets à images.

Mais comment lutter contre ce petit Français sur son fauteuil, qui branche son flux d'images en direct sur le réseau ?

"I’m watching a broadcast of the Cuba vs. the Netherlands beach volleyball game — which NBC’s cable channel USA Network won’t show for another two hours and won’t air online at all — live on my laptop as I’m writing this article, courtesy of some folks in France that relay a live TV signal from heaven knows where", écrit Janko Roettgers de NewTeeVee.

Les premières questions, évidentes: Pourquoi NBC n'a pas anticipé? Pourquoi s'accrocher tellement à cette primo-diffusion sur l'antenne? Les revenus pubs en ligne n'étaient-il pas aussi alléchants?

Réponse: la pub à la TV représente la quasi-totalité du pactole escompté. En ligne: même pas 70 millions $, quand les Jeux d'Athènes avaient rapporté 1 milliard $ à NBC...

Le point plus complet sur les retombées en terme de pub et retour d'expérience consommateur au prochain billet. Tout n'est pas perdu pour NBC...

JO :télécharger les compétitions sur son PC, c'est possible

Suite de notre série consacrée à la couverture des JO par NBC et Microsoft.

Grâce à un partenariat entre TV Tonic (qui retransmet déjà des dizaines de chaînes pour les utilisateurs du Vista Media center), l'éditeur de logiciel Wavexpress (qu'il faut installer) et NBC, les compétitions des JO sont téléchargeables sur le disque dur de l'utilisateur.

Gratuitement (avec de vrais morceaux de pub dedans, of course). Il suffit juste de sélectionner la discipline souhaitée, et de l'enregistrer (12 heures après la diffusion au minimum), comme sur son magnétoscope. Attention: le service n'est proposé qu'aux utilisateurs de Vista, versions Home premium et Ultimate.

Impressionnant.

Tout cela est encore géo-localisé, donc disponible uniquement aux Etats-Unis.

Encore du travail pour You tube - qui se bat au quotidien pour éliminer les émissions piratées- et de beaux remix en perspective :)

dimanche 10 août 2008

On a testé NBCOlympics.com: une nouvelle interactivité vidéo

NBC et Microsoft avaient annoncé un spectacle inédit pour les JO. Les premiers résultats sont (presque!) à la hauteur des attentes.

NBCOlympics.com, en route vers des records de fréquentation, permet de suivre plus de 2 200 heures de compétition en direct, et un accès à des milliers d'heures de programmes (épreuves passées, reportages, résumés, etc).

1ère approche: le lancement du lecteur Silverlight.


En streaming, l'image est de très belle qualité. Même en plein écran, c'est vraiment impressionnant. Seul bémol, Avec une connexion Wi-fi, le flux est saccadé, voire interrompu.

Sous le lecteur, on peut voir les résultats en temps réél, les stats, les bios des joueurs, les alertes sur d'autres événements.

Encore plus fort: les commentaires des spécialistes sont visibles par écrit (idéal pour le bureau !).

Si un panier vient d'être marqué pendant le match de basket, on peut le revoir grâce à une fonction rewind. Enfin théoriquement, je n'y suis pas parvenu...

On peut également partager la compétition en cours en l'envoyant par mail.


LA grande innovation : la Control room, le coeur du site vidéo.

On peut sélectionner quatre événements dans une liste verticale à gauche, choisir leur emplacement (la grande fenêtre ou l'une des trois petites à droite) et regarder les 4 compétitions en simultané ! Bluffant. Même si les trois fenêtres à droite restent petites...




Avec ce système, l'internaute devient donc son propre réalisateur.

En direct - j'ai toujours trouvé cela horripilant - il fallait gentiment attendre sur son canapé que le réal zappe entre le marathon, le saut en hauteur, etc...sans rater les moments-clés (un résultat, une blessure, une élimination surprise, etc..). C'est terminé.

On peut aussi regarder un événement en plein écran, et incruster une autre compétition diffusée au même moment dans une fenêtre, comme cela existait déjà sur certains téléviseurs.

La navigation entre les vidéos a été bien pensée, avec des onglets "les plus regardées", une page présentant les icônes de tous les sports, les vidéos mises en avant, les vidéos "telles qu'elles ont été diffusées à la TV (pour les nostalgiques?). Mais il y a pas mal de bugs, comme le note Newteevee dans un billet très énervé...

La recherche de vidéos, avec ses multiples entrées, se révèle également très efficace. D'un seul coup d'oeil, on sait ce qui est en live, ce qui vient de s'achever, les compétitions à venir...

Et ce n'est pas fini !

NBC et Microsoft: une couverture inédite des Jeux Olympiques















Petite série de billets sur une grande expérience. NBC a annoncé la couverture la plus complète de toute l'histoire des JO: 3 600 heures de direct (3 fois plus qu'à Athènes) .

Pour la première fois, il y aura plus de contenus vidéos en ligne qu'à la TV: 2 200 heures de live, en streaming, et 3 000 heures en vidéo à la demande sur NBCOlympics.com.

NBC a acquis l'exclu des droits TV et internet pour environ 900 millions $. Si vous êtes Américain, chez vous ou au bureau, vous n'avez pas d'autres moyens pour regarder une vidéo en ligne des JO. D'où des records d'audience attendus.

NBC s'est associé pour l'occasion à Microsoft. Pour voir une vidéo, il faut téléchager son player Silverlight. Avant les JO, Silverlight ne pesait pas grand-chose par rapport à Adobe Flash player, installé sur 98% des PC dans le monde.


Mais à en croire les premiers chiffres de fréquentation, le petit logiciel de Microsoft va connaître un coup d'accélérateur (c'est là le but de l'opération).

"Le site a généré 70 millions de pages vues (PV) le jour de l’ouverture des jeux, soit une augmentation de 900 % et 10 fois plus que lors de l’ouverture des Jeux d’Athènes en 2004 (7 millions)", selon le toujours bien renseigné Moovie. Vous vous souvenez, 2004? Une ère préhistorique pour la vidéo en ligne...

Seul bémol, pour nous Européens: le site est régionalisé, visible uniquement aux Etats-Unis (mais, bon, hem, y a des trucs...).

Bref, on a pu tester NBC Olympics.com...Et on n'a pas été déçu...